AMR Burkina et l’ONG Îles de Paix pour une gouvernance locale participative et transparente dans les communes de Diabo et de Tibga au Burkina Faso.

L’Association Monde Rural (AMR) est une structure de la société civile burkinabé reconnue officiellement sous le numéro 96-294/MATD/SG/DLPAJ du 14-11-1996. Elle a été reconnue Association d’Utilité Publique en 2013. Sa vision demeure « un monde rural qui connait ses droits, travaille à leur effectivité et participe pleinement aux actions de développement ».  Elle est apolitique, non confessionnelle et son but n’est pas lucratif.  Sa mission consiste donc à « S’investir pour la construction d’un monde Meilleur, Juste et Equitable dans le strict respect de la dignité et de l’identité de l’Homme ».  Elle privilégie  à cet effet une approche basée sur la participation communautaire. Le slogan de AMR est de ce fait « pour un monde Meilleur, Juste et Equitable ».im5

Dans son combat quotidien, AMR s’est fixée pour objectif fondamental de « contribuer à améliorer les conditions d’existence et du milieu de vie des populations rurales » à travers :

  • La promotion du développement de la femme rurale en l’incluant dans le processus de développement et en lui facilitant l’accès à toutes les ressources notamment socio sanitaires pouvant améliorer la qualité de sa vie, celle de sa famille et de la communauté et contribuer à la réduction de la pauvreté par l’octroi de micro subventions aux populations vulnérables ;
  • La promotion des droits humains et de la bonne gouvernance (gouvernance locale notamment) en contribuant à l’enracinement d’une culture démocratique et citoyenne et en défendant les droits et libertés humains ;
  • La protection et la valorisation des espaces et ressources naturels par la mise en œuvre d’activités environnementales et par l’adaptation, la traduction et la vulgarisation de techniques, de conventions, de traités, de résolutions …, de dimensions nationale et internationale sur l’environnement, le développement humain durable.

Les cibles de AMR sont essentiellement les organisations de la société civile (OSC), les leaders communautaires, les collectivités territoriales, les femmes et les jeunes. Pour les femmes et les jeunes, AMR conçoit  leur pleine participation au débat local comme une condition essentielle  pour la réussite de la décentralisation  et la bonne gouvernance locale dans notre pays. C’est ainsi que depuis 2008, la gouvernance locale devient de plus en plus un domaine de prédilection pour AMR. Elle voudrait contribuer à la création d’une société moderne et prospère fondée sur une gestion participative et transparente des biens publics à la base et sur la recherche effrénée de l’intérêt collectif.

C’est dans ce sens que se développe en partenariat avec l’ONG Iles de Paix et la DGD le projet dénommé«Promotion d’une gouvernance locale transparente et participative dans les communes de Tibga et Diabo »  dans la Région de l’Est.im4

Ledit projet vise à « contribuer à améliorer la bonne gouvernance locale dans les communes de Tibga et Diabo par l’instauration d’une culture de redevabilité, de transparence et de participation citoyenne » et poursuit deux résultats qui sont:

  • Les acteurs impliqués dans la gestion publique locale disposent des compétences et outils leur permettant d’assumer leurs responsabilités dans une orientation de redevabilité, de transparence et de participation citoyenne.
  • La société civile s’implique activement dans la gestion publique locale

La mise en œuvre de ce projet fait suite à une étude diagnostic sur le niveau de la gouvernance dans les collectivités ciblées. De l’étude, plusieurs insuffisances étaient ressorties notamment :

  • La faible participation du citoyen dans la gestion des affaires publiques ;
  • La mauvaise circulation de l’information ;
  • La mauvaise qualité du service rendu aux citoyens-nes ;
  • La faible traçabilité des dépenses publiques ;
  • L’absence de transparence dans la gestion.

Le projet qui a démarré effectivement en janvier 2014 devrait permettre une amélioration sensible des différents indicateurs en lien aux insuffisances citées plus haut.

Pour y arriver, AMR et IDP développent un paquet d’activités de mobilisation communautaire à la base. Ainsi, plus de 700 séances de conscientisation (causeries éducatives, théâtre forum, projection de films suivi de débat) ont permis de toucher directement 210.000 personnes sur les thématiques aussi variées que celles relatives au rôle des acteurs de la gouvernance, la participation citoyenne, l’impôt local. Pour les administrations locales, il s’est agi de les accompagner sur l’appropriation de leur rôle, la passation des marchés publics, la maitrise d’ouvrage, le budget local.im3

Les collectivités ont été aussi outillées sur la conduite des séances d’interpellation publiques (EDIC) et elles devraient s’exercer durant le dernier trimestre de 2014. Malheureusement, la situation socio-politique du pays n’a pas permis la tenue effective de ces séances. Par contre, AMR a accompagné la tenue des sessions de cadre de concertation afin d’engager les acteurs dans une dynamique de partage et de planification efficace des actions de développement.

Les OSC, cibles privilégiées de l’organisation ont été identifiées et devrait jouer un rôle de veille citoyenne dans chacune des communes d’intervention. AMR travaille à les outiller afin qu’elles jouent pleinement le rôle qui est le leur dans le contexte de la décentralisation. Un groupe de pression est d’ailleurs mis sur pied dans chaque établissement d’enseignement de chaque commune. Les actions déjà entreprises par ces jeunes leaders sont encourageantes et l’espoir est permis quant à l’atteinte de l’objectif de favoriser l’implication et la participation des jeunes aux actions de développement. Les nouvelles stratégies envisagées, axées sur la proximité de AMR restent un motif de satisfaction pour accroitre les capacités d’interpellation de ces groupes citoyens. De plus l’initiation à l’offre de service de qualité aux agents des collectivités s’inscrit dans la logique d’amélioration des services rendus et ses types d’actions se poursuivront durant toute la période du projet.im2

L’évolution positive de plusieurs indicateurs témoigne de la nécessité d’un tel projet dans les communes bénéficiaires. Mais force est deconstater que le changement dans les organes de gestion en cours et qui devraient normalement intervenir dans le premier trimestre de l’année suivante sont des facteurs qui ne favoriseront pas une réelle appropriation des principes d la bonne gouvernance locale. C’est pourquoi, AMR et IDP doivent négocier un nouveau contrat social avec ces collectivités afin de permettre une réelle construction d’une citoyenneté nouvelle.

 

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